Poème; La flèche de l'Archer

La flèche de  l’archer

 

 

Je suis une flèche blottie dans un carquois

Contre d’autres flèches je me sens à l’étroit

Frisant le mal de mer à chaque nouveau pas

Je suis bien ballotée, chose que je n’aime pas.

 

Et puis vient le moment pour moi tant attendu

De l’immobilité et du temps suspendu

J’aperçois une main et des doigts étendus

Se diriger vers moi d’une façon convenue.

 

D’un geste bien rôdé je me sens soulevée

Retirée du carquois je me trouve isolée

Mais déjà mon encoche se retrouve orientée

Vers l’endroit où la corde va me propulser.

 

Par un petit coup sec, me voilà enclenchée

Au précieux pas de tir où je suis installée

Reposant gentiment tout près de la poignée

J’attends bien sagement l’instant de la volée.

 

Mon regard est tourné vers la cible éloignée

D’une distance étudiée en fonction des archers

Lentement je me sens vers l’arrière reculer

Puis partir promptement tout comme une fusée.

 

L’air caresse mon fût et me fait tressaillir

Ondulant dans le vent je ne vais pas faiblir

Car l’objectif est là à portée de ce tir

Dans un très court instant, je m’en vais atterrir.

 

Le choc de l’arrivée m’arrête brusquement

Dans un bruit étouffé j’ai un doux tremblement

La pointe de mon nez est un peu enfoncée

Dans la paille pressée et l’impact est ciblé. 

 

S’ensuit un laps de temps où le calme est présent

Où je revis encore inévitablement

Ces quelques sensations plus tard renouvelées

Jusqu’à épuisement de l’archer révélé.

 

D’autres flèches déjà viennent à côté de moi

Me tenir compagnie, plus proches chaque fois

Des pas puis un regard, je me sens observée

Et bientôt une main vient pour me libérer.

 

Une rapide inspection de mon intégrité

Me revoilà déjà dans cette obscurité

Dans cet endroit spécial et son odeur de bois

Je suis une flèche blottie dans un carquois.


Blandine SAROCHUS (février 2014)

Notre trouvère dite "Blandine à la plume agile" nous régale d'un poème inspiré par les mésaventures d'un petit cui-cui ...

Abat l’oiseau 2014

   

Petit mais très mignon, j’ai mis mon habit noir

Ai rangé mes haillons car depuis l’autre soir

J’ai quitté l’oisillon pour devenir plus grand

Beau comme un papillon, me voilà donc toucan.

 

  Ma vie était paisible et sans grands changements

Parcourant des endroits quelques fois surprenants

En tant que figurine et jouet du moment

Je prenais du plaisir à voir les gens contents.

 

J’étais bien insouciant et fut donc très surpris

Quand je compris d’un coup que l’on m’avait choisit

Pour un jeu ridicule et qui plus est dehors

Même sans la canicule, ah ça, ils ont fait fort !

 

Avec un peu d’angoisse et de curiosité

Je me laisse cependant ainsi manipuler

Déjà sur le blason des oiseaux sont collés

Mais ils sont bien chanceux car ils sont en papier.

 

Des plumes sont rajoutées tout au bout de ma queue

Inévitablement je vais faire des envieux

Un bon paquet de colle est fixé dans mon dos

Qui me gêne déjà, ce n’est pas un cadeau !

 

Je prends donc position à l’endroit réservé

Et me tiens fièrement sur la cible terminée

C’est sûr que maintenant je ne peux plus bouger

Seulement regarder la fête s’animer.

 

Avec les débutants, mes chances sont augmentées

Et je garde l’espoir qu’ils vont tous me manquer.

Après quelques volées, la pluie vient tout mouiller

Et me laisse un répit d’une courte durée.

 

Les volées reprennent et font battre mon cœur

Car de plus en plus près, les impacts me font peur

Et vient soudain l’instant pour moi tant redouté

De la flèche fatale et mon cœur est brisé.

 

Mais les participants arrivent d’un air joyeux

Regarder   leur trophée sous un soleil radieux.

Mon âme reste là, à penser à demain

La prochaine victime ne se doute de rien.

  
 
Blandine SAROCHUS (Juillet 2014)


Poème à l'intention des entraîneurs

L'entraîneur.
 
  Que serait le sportif sans cet allié précieux
Qui le suit, le guide, pour atteindre les cieux
 Ceux de la victoire, quel que soit le niveau
 A chacun sa gloire, le mérite est si beau. 

 Avec persévérance et beaucoup de patience
 Il amène son élève à trouver la confiance 
Par un jeu d'exercices et de répétitions
 Il transmet à chacun les clés de sa passion.  

Mission bien difficile car il faut s'adapter
 A tous les caractères et les physiques variés
 Savoir gérer les baisses de motivation
 Et calmer les ardeurs de ces futurs champions.  

Car la blessure est là, dans l'ombre bien cachée
 Attendant le moment de se manifester
 Contraignant le sportif à un arrêt forcé
Mais ce n'est qu'un recul pour mieux se préparer.

  La force est décuplée pour mieux y arriver
L'élève est un battant qu'il faut encourager 
 Mais ne pas laisser voir que le doute est présent
 Lors de la reprise de ce futur gagnant.

Et quel plus beau cadeau l'élève peut apporter
Après toutes ces années d'un travail acharné
Passées à ses côtés dans la complicité
 A son cher entraîneur que de le dépasser.  

 
Blandine SAROCHUS (juin 2014)



La compétition de tir à l'arc.


A chaque entraînement, le geste est répété

Et inlassablement, l’archer est décidé

A atteindre l’objectif qu’il s’est toujours fixé

Celui de réussir un groupement centré.


Ce début de maîtrise aboutit un beau jour

A l’envie de tester son stress lors d’un concours

Et après l’inscription, vient le compte à rebours

Ce temps rétrécissant parait toujours trop court.


Le jour tant attendu est enfin arrivé

Très fier dans sa tenue, l’archer est disposé

A aller voir le greffe pour avoir son papier,

Ce fameux numéro de cible désignée.


Puis sans perdre un instant, il sort son matériel

Méticuleusement se déroule le rituel

Du montage de son arc, des derniers réglages

Pour ne rien oublier, ce serait dommage !


L’échauffement s’en suit et bientôt un appel

Venant des arbitres pour voir le matériel

Et souhaitant « bon tir » à chacun des archers

Le concours à présent va pouvoir commencer.


La première sonnerie invite les archers

A se positionner en une seule rangée

Sur la ligne de tir et à se préparer

A la première volée et à se concentrer.


S’en suit le top départ et le coeur bat plus fort

Rester décontracté tout au long de l’effort

Permettra à l’archer d’enchaîner ses volées

Et de se rapprocher du fameux score souhaité.


Déjà les deux minutes se sont écoulées

Et dans bien des cibles trois flèches sont plantées

Au tour des autres archers de montrer leurs talents

La deuxième vague dispose du même temps.


Les trois coups retentissent et dans un même élan

Tous les archers se glissent vers les cibles en marchant

Les points étant comptés et les flèches rangées

Les prochaines volées vont donc se succéder.


Ce rythme bien rôdé ressemblant aux marées

S’interrompt un moment au bout de dix volées

Une pause s’impose et pour mieux repartir

Une petite collation va permettre de tenir.


La reprise sonne et les tirs reprennent

Les sons des impacts aux oreilles viennent

Rappeler à l’archer l’objectif fixé

Pour la deuxiè me série, un score amélioré.


Bientôt les dernières flèches vont être tirées

Il reste peu de temps, il faut donc s’appliquer.

Terminer en beauté va permettre d’oublier

Les erreurs commises et à corriger.


Les applaudissements marquent la fin des tirs

En fonction des archers diffère le sourire

La tension retombe, il est temps de ranger

Et pour les résultats, d’être analysés.

Blandine SAROCHUS (décembre 2014)


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L'entraineur papillon


Qu’importe la couleur, la forme ou la beauté

Elles ont tout le temps de se métamorphoser.

Chenilles urticantes ou bien inoffensives

Elles ne sont pas toutes sur la défensive.


C’est à elles que ressemblent les archers débutants

Découvrant ce monde, nouveau mais nourrissant.

Ils sont à bonne école sous l’oeil attentionné

Des maîtres papillons très expérimentés.


Ces derniers enseignent où trouver le bon nectar

Et la meilleure manière d’y parvenir plus tard

Une fois transformées en très beaux papillons

Les petites chenilles vont prendre du galon !


C’est le coeur de la fleur qu’il faut alors viser

Cible multicolore qu’il ne faut pas louper

La concurrence est rude et l’enjeu est vital

Mais pas insurmontable et le succès final.


Volant, virevoltant, d’un élève à l’autre

Divulguant leur savoir, leurs ruses et autres

Les maîtres s’affairent et seront récompensés

Par l’indépendance de ces êtres doués.


Alors prends ton envol, toi, joli papillon

Evite les pièges, écoute la raison

Car tout juste sorti de ta chrysalide

Tu restes fragile mais quand-même valide.


Et surtout n’oublie pas ce que tu as appris

Regarde où tu en es et ne sois pas surpris

Garde au fond de ton coeur les moments importants

Et pour ton entraîneur un merci simplement.



Blandine SAROCHUS (Juin 2015)